Les évolutions technologiques des Jeux Olympiques :
En 2001, le CIO (Comité International Olympique) qui organise les Jeux Olympiques (JO) et Paralympiques (JP) a décidé de créer une cellule interne pour la diffusion. Ils l’ont appelé OBS (Olympic Broadcasting Services). La technologie n’a fait qu’évoluer et OBS n’est pas le dernier dans la promotion des innovations informatiques. Au fil des années ils ont mis en place la haute définition, les drones, la réalité virtuelle et l’IA. Certaines de ces évolutions sont possibles grâce à leurs partenaires comme Intel ou Omega. Pour les derniers JO et JP de Milan-Cortina, OBS a utilisé l’IA par exemple pour déterminer plus facilement le nombres de rotations pour des sports comme le patinage artistique et les disciplines de ski et snowboard (halfpipe, big air et le slopestyle). L’IA a aussi permis de recréer des images de joueurs. En pratique, la caméra filme un angle de vue puis lors des ralentis, l’IA permet aux diffuseurs de montrer le joueur sous tous les angles.
Ce que cela implique :
En effet, pour les athlètes cela implique d’être plus précis car il y a plus d’angles de vues et plus de ralentis possibles. Il y a donc moins de places pour l’erreur. Cependant, cela leur permet aussi de voir les replays et ralenti à l’entraînement pour trouver des axes d’améliorations mais aussi pour la prévention de blessures (grâce aux replays mais aussi aux capteurs dans les casques ou dans les protège-dents).
Pour le jury, cela permet d’avoir plus de données et donc des analyses plus précises. Mais également plus de transparence donc moins de fraude sera possible.
Enfin pour les spectateurs, l’expérience est complètement modifiée et amplifiée. L’OBS utilise des drones pour des vues immersives et l’IA pour des ralentis avancés, enrichissant l’expérience spectateur. Pour le PDG d’OBS « La technologie est un moyen, non le but ultime. Chaque innovation que nous adoptons est motivée par l’objectif d’enrichir et de rehausser l’expérience olympique offerte au public à l’échelle mondiale. ». Au curling par exemple, l’IA indique avec précision la trajectoire et la vitesse des pierres ainsi que la fréquence de balayage. Cela aide les spectateurs à comprendre les tactiques en jeu comme jamais auparavant.
Limites :
Nous pouvons cependant mettre en avant certaines limites liées à l’utilisation de la technologie. La première serait les potentielles erreurs de la technologie qui pourraient fausser les résultats. Ensuite, les personnes en charge des algorithmes doivent faire attention à la programmation en fonction des genres et des corpulences, car une femme ne fera pas autant de rotations qu’un homme par exemple.
Nous pouvons aussi débattre sur le fait que la technologie rende le sport trop précis et donc plus réellement réalisable pour les athlètes. La technologie dans le sport devient une version sans émotions qui enlève la créativité et l’identité. De ce fait, cela nécessite toujours une supervision humaine.
Côté sportif, il faudra mettre en place des formations pour les arbitres et faire attention aux disparités entre les compétitions. Si l’IA est présente aux JO et JP mais pas aux coupes du monde, les athlètes et jurys auront deux fois plus de travail d’adaptation et les spectateurs seront potentiellement frustrés.
Enfin, nous pouvons aussi nous poser des questions sur l’impact écologique de ces évolutions. Nous savons par exemple que l’IA requiert des serveurs de stockage des données qui consomment beaucoup. Malgré cela pour OBS, chaque outil doit allier performance et faible impact environnemental. Cette logique guide aussi les choix d’OBS, qui s’est fixé des objectifs précis pour les années à venir. L’entreprise prévoit de réduire la taille de son centre de diffusion de 38% d’ici 2028. Dans le même temps, elle entend renforcer l’efficacité de ses systèmes à distance, sans alourdir son empreinte.
Quelles seront les prochaines évolutions technologiques instaurées pour les prochains Jeux Olympiques et Paralympiques de Los Angeles ?
Source: Science & vie



